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24
MAR
2020

Santé et migrations : Formation Inter culturalité du CIDFF des Alpes de Haute-Provence par Dr Franck Scola

Docteur Franck Scola est intervenu jeudi 12 mars dans le cadre d’une formation du CIDFF 04 à destination des professionnels de terrain travaillant avec le public migrant.

Les Centres d’Information sur les droits des femmes et des familles de la Région PACA ont été retenus par la DAAEN (Direction de l’Accueil, de l’Accompagnement des Étrangers et de la Nationalité) pour mettre en place des actions concernant l’accompagnement des femmes migrantes. C’est dans ce cadre que le CIDFF 04 a proposé en mars trois journées de formation sur l’inter culturalité, à destination des professionnels de terrain travaillant avec le public migrant.

Au cours de cette formation, la journée du 12 mars 2020 a été plus précisément consacrée à la santé dans un contexte migratoire. Le CIDFF 04 a ainsi fait appel au Docteur Franck Scola, pour animer cette journée, avec pour objectif de permettre aux participant.e.s de mieux s’approprier une démarche interculturelle en échangeant sur les pratiques de terrain dans le domaine de l’accompagnement des personnes migrant, et plus particulièrement les femmes, afin d’alimenter le réseau d’informations sur le sujet et permettre l’identification de pratiques progressistes.

Franck Scola, en tant que médecin est auteur des premiers travaux académiques sur la santé et la protection sociale des familles placées en contexte migratoire, de diversité culturelle et linguistique. Dédié aux familles expatriées dans une activité de soins, de formation, d’enseignement et de recherche, il est notamment chargé d’enseignement à Paris-Dauphine, coordonnateur du comité scientifique de l’Association Be Rise (https://berise.org) et intervient comme expert et formateur auprès de l’UNESCO, l’AFE, la London Academy of Diplomacy, l’Éducation Nationale, des établissements de l’AEFE, ou encore dans le cadre de l’ANDPC auprès de secteurs professionnels variés.

Une formation des professionnels en lien avec le public migratoire plus que nécessaire aujourd’hui

Ces dernières années, on observe une augmentation de la population dans les Alpes de Haute-Provence, justifiée en grande partie par l’accueil croissant de populations étrangères (notamment avec le projet ITER). L’arrivée de ces familles venues de l’étranger entraîne ainsi des changements démographiques, sociologiques, apporte une nouvelle diversité culturelle et linguistique, qui nécessitent de facto des formations adaptées à de nouvelles problématiques de santé.

Docteur Franck Scola a mis en évidence des spécificités propres à la santé des expatriés, en étudiant une centaine de familles installées en Provence dans le cadre du projet ITER. Une étude validée par l’Université d’Aix-Marseille, et qui a permis d’établir des enseignements et formations dispensées dans le département des Alpes de Haute-Provence et le reste de la France, et à l’étranger. A travers ses recherches, il a pu démontrer que les difficultés rencontrées par les familles expatriées pour accéder à des soins ne se limitent pas seulement à la simple barrière linguistique : il existe un réel contexte post-migratoire vulnérabilisant pour les familles issues de l’expatriation. Le statut d’étranger, d’allophone, les stress physiologiques dus à l’exposition à de nouveaux paramètres environnementaux, au changement de statut au sein de la famille ainsi que dans le contexte professionnel et sociétal…

Un état de vulnérabilité qui peut être aggravé par les réseaux sociaux et le bouche à oreille

Lorsqu’un expatrié arrive dans un nouveau pays, nombreuses sont ses préoccupations quant à sa vie future : logement, scolarité des enfants, accès aux soins médicaux… Des préoccupations qui sont propices à l’intégration de réseaux et de lieux de soutien, pour trouver une première source de soutien affectif et de sources d’informations. Que ses membres soient physiquement ou virtuellement en contact, l’influence du réseau social et du bouche à oreille sont non négligeables, ce que Franck Scola détaille dans cet article.

Le réseau social peut devenir une source de refuge affectif, et loin de chez lui, l’expatrié pourra avoir tendance à accorder une plus grande confiance à ceux dont il se sent proche qu’à une source anonyme, même institutionnelle et davantage experte en la matière. Et cet état de vulnérabilité, associé à l’attachement affectif envers le réseau, tend à renforcer la crédulité de l’expatrié face à l’information médicale divulguée dans un contexte non expert.

« Il faut rester très vigilant face à l’information médicale divulguée par les réseaux sociaux. En aucun cas le bouche à oreille ne remplace l’expertise et la pratique médicale auprès d’un public de migrants. Avant le départ, à l’arrivée et pendant le séjour à l’étranger, il est fortement recommandé de guider et informer les expatriés sur le fonctionnement du système de santé local et leurs options de couverture santé. »

Docteur Franck Scola

Mathilde Lopez